Les vins Rully, villages et premiers crus Découvrez les vins du domaine Jaeger Defaix

Les vins du domaine

Les millésimes Une année, un caractère Retrouvez le profil de chaque année dans nos cuvées

Millésime 2025 Des volumes décevants mais des vins gourmands et équilibrés

En 2025, la saison a été marquée par des phases de croissance très rapides entrecoupées de périodes plus lentes.

Après un hiver assez tempéré, ponctué de quelques épisodes de gel, le débourrement a démarré début avril dans les secteurs les plus précoces. 

La météo du mois d’avril a favorisé une croissance très rapide. Puis, en mai, la pousse a ralenti sous l’effet de températures plus fraîches. La floraison s’est déroulée fin mai de façon très rapide. On observe rapidement des phénomènes de coulure et de millerandage qui peuvent s’expliquer par les difficiles conditions de l’initiation florale l’année précédente et par les précipitations intervenues en fin de floraison.

L’été a ensuite été marqué par deux épisodes caniculaires, l’un en juin, l’autre en août, qui ont entraîné un stress hydrique important. A la mi-août, on pouvait ainsi observer un blocage de la maturation, avec une concentration des baies. Avec des petites baies, des peaux épaisses et des gros pépins, la quantité de jus réduit proportionnellement. 

La pluie qui nous avait tant manquée est finalement arrivée à partir du 18 août, permettant de rétablir un excellent équilibre dans les baies.

Il a donc fallu organiser les vendanges en tenant compte de la météo et en s’adaptant le plus finement possible à la maturité et à l’état sanitaire de chaque parcelle.

Comme nous le craignions, les rendements en jus ont été faibles et la récolte 2025 reste bien plus modeste qu’espéré en volume. La qualité, quant à elle, est au rendez-vous.

A Chablis, les vins sont charnus mais très équilibrés avec une belle fraîcheur.

A Rully, les blancs sont très structurés et les rouges présentent un très joli fruit.

Dans les deux cas, les vins se goûtent déjà très bien même jeunes.

Millésime 2024 Un millésime extrême

À Chablis, la saison 2024 restera dans les mémoires comme une des plus éprouvantes avec un concentré de toutes les difficultés possibles.

Le débourrement est arrivé de façon très précoce après un hiver humide et plutôt doux. Les quelques nuits de gel de la mi-avril ont impacté des secteurs très localisés entraînant, dans notre cas, la destruction de plusieurs hectares à 100%.

Puis, le 1er mai en fin de journée, un énorme orage de grêle s’est abattu sur Chablis entrainant de très gros dégâts et, pour nous, la destruction de plusieurs hectares en premier cru.
Nous avons ensuite traversé une période de variations de températures, tantôt fraiches tantôt douces, très peu propices à la floraison. Nous avons donc observé une forte coulure sur l’ensemble des parcelles.

Et comme si cela ne suffisait pas, la pluviométrie a explosé en 2024 engendrant une très très forte pression de mildiou qui a également occasionné de grosses pertes.

En août, le temps chaud et sec a favorisé la maturation des raisins restants et permis la mise en réserve pour l’année suivante. Malheureusement, cela ne pouvait évidemment pas inverser la tendance et 2024 restera marquante pour nous car il s’agit de notre plus petite récolte en volume sur les 30 dernières années.

Les vendanges ont démarré à Chablis le 19 septembre et se sont étalées sur 15 jours afin d’atteindre la meilleure maturité possible sur chaque secteur.
C’est un millésime très typé avec une belle minéralité et des degrés moyens. Les vins se sont bien affinés et densifiés au cours de l’élevage sans doute du fait de la très faible récolte qui nous a permis de rentrer une belle matière.

A Rully, nous avons vécu une saison très différente, sans dégâts de gel ni de grêle, et avec une pluviométrie importante mais sans commune mesure avec celle de Chablis.
La pression de mildiou est restée importante mais nous avons pu contenir le développement du champignon.

Il en résulte une vendange moyenne en quantité mais qui reste très satisfaisante dans le contexte de l’année.
Nous avons commencé les vendanges à partir du 14 septembre avec les premiers crus rouges afin de laisser quelques jours supplémentaires aux blancs, la maturation du chardonnay étant un peu plus lente que d’ordinaire sur ce millésime.

Les blancs présentent des profils bien équilibrés et gourmands et les rouges sont tout en fruit avec une jolie complexité aromatique.

Millésime 2023 Un millésime généreux et gourmand

Après le magnifique millésime 2022, l’année 2023 nous offre à nouveau un très joli millésime, généreux et gourmand.
L’hiver a encore une fois été doux, avec très peu de vraies journées de gel. Mais cette année, le débourrement est arrivé plus tard que les années précédentes ce qui a permis d’échapper aux gelées.

Au printemps, la pousse s’est déroulée de façon régulière avec une très belle sortie de grappes. Mais la météo arrosée nous a obligé à faire preuve d’une grande vigilance pour maintenir un bon état sanitaire.
L’instabilité météo permanente avec alternance d’orages ou fortes pluies et de températures élevées a également bien profité aux mauvaises herbes ce qui nous a compliqué les choses pour maintenir les sols propres.

Finalement, nous avons eu très peu de maladie à Chablis malgré la pression mildiou particulièrement forte, et un très bon état sanitaire à Rully également en étant très vigilants sur la sensibilité oïdium.
L’important travail d’effeuillage manuel en fin de campagne, en aérant délicatement la végétation, a aussi contribué à éviter la propagation des maladies.

La maturation s’est bien déroulée avec des températures assez élevées -notamment sur les premiers jours de septembre- et sans stress hydrique.

Les vendanges ont démarré le 7 septembre à Rully et quelques jours plus tard à Chablis.

Les blancs présentent des profils assez proches de 2022 avec de l’équilibre, une belle gourmandise en bouche et de la complexité aromatique.

Les rouges sont très fruités, croquants avec structure toute en finesse.

Une fois la vendange rentrée et les vinifications bien avancées nous avons profité des bonnes conditions de fin de saison pour mettre en place des couverts végétaux dans certaines parcelles. Cela va permettre une meilleure minéralisation dans les sols et donc d’améliorer encore leur structure. Ce couvert est détruit en mars de l’année suivante.

Millésime 2022 Le millésime qu'on espérait

Après la très difficile saison 2021, nous espérions tous une année plus sereine et plus généreuse. Nos souhaits ont été exaucés…

L’hiver a été, cette saison encore, assez doux avec très peu de vraies journées de gel. Et encore une fois le débourrement a démarré de façon précoce.

Nous avons connu une petite alerte de gel tout début avril avec quelques dégâts mais très peu notamment car cet épisode est intervenu une semaine plus tôt qu’en 2021. Nous avons également constaté que la taille en deux temps a bien rempli son rôle de retardateur du débourrement. Enfin nous avons pu tester la nouvelle installation de câbles chauffants qui a bien fonctionné.

La saison s’est un peu emballée en début de campagne avec une pousse rapide et régulière. Le beau temps était au rendez-vous avec quelques précipitations au bon moment.
La floraison s’est déroulée de façon régulière.

A la fin du mois de juin, nous avons reçu 80 mm de pluie ce qui a été très bénéfique pour les réserves du sol et donc pour le reste de la saison.
Nous avons effeuillé en fin de campagne afin d’aérer la végétation et d’éviter une éventuelle propagation de maladies.

Les vendanges ont démarré fin août à Rully et début septembre à Chablis. C’est donc encore un millésime très précoce. Grâce à l’excellent état sanitaire des vignes, nous avons pu attendre la parfaite maturité pour chaque parcelle. D’une façon générale, nous retrouvons en 2022 des volumes normaux sans excès.

Les blancs présentent de jolis équilibres, une belle structure en bouche ; les Rully avec une belle palette aromatique et les Chablis sur la minéralité.

Pour les rouges, on retrouve en 2022 un important potentiel phénolique. L’enjeu était donc de ne pas trop extraire afin de préserver le fruit et la finesse que nous aimons tant.

Millésime 2021 Une saison éprouvante mais des vins fins et élégants

Après un hiver doux et humide, sans vraies périodes de froid, nous avons connu fin mars une semaine très chaude pour la saison avec des températures atteignant voire dépassant les 20°C. Ceci a provoqué un débourrement précoce des chardonnays.

Puis, à partir du 5 avril et pendant presque 15 jours, nous avons subi des gelées parfois très importantes qui ont concerné davantage les hauts de coteaux (gelées noires). La très forte humidité a encore accentué les dégâts occasionnés. Les parcelles gelées ont mis quasiment un mois et demi à redémarrer. Et le décalage entre vignes gelées et non gelées ne s’est estompé que vers la fin juin.

Le début de saison a été très humide avec de faibles mais très fréquentes précipitations. La floraison est arrivée mi-juin.
A partir de mi-juillet, les conditions météo se sont encore dégradées avec des pluies matinales tous les 2/3 jours. Les conditions sanitaires ont alors évolué très vite.
Nous avons procédé à un effeuillage manuel important pour aérer au maximum et permettre au raisin de sécher et de profiter du moindre ensoleillement. Cela nous a aidé à garder un bon état sanitaire jusqu’aux vendanges.

La maturité est arrivée lentement et il a fallu s’armer de patience. Nous avons démarré les vendanges le 21 septembre à Rully comme à Chablis et toute la vendange a été rentrée en 5 jours…

A la cave, les vinifications se sont déroulées sans encombre. Les fermentations alcoolique et malolactique se sont faites facilement et calmement (de façon beaucoup moins tumultueuse que sur les 2 précédents millésimes). Après malo, nous constatons que les vins gagnent énormément en finesse et en complexité.

Sur les Chablis, on revient sur des grands classiques avec beaucoup de profondeur et de minéralité.

Sur les Rully blancs, la pureté et la fraicheur se distinguent. Sur les Rully rouges, la couleur a été plus difficile à extraire cette année mais on obtient des rouges très fruités et gourmands, très bourguignons.

Millésime 2020 Une année sereine... dans les vignes

Après un hiver pluvieux et doux, le débourrement est arrivé de façon précoce et la vigne a évolué très rapidement. Chacun se souvient des conditions météo exceptionnelles qui nous ont accompagné lors du premier confinement…

Une petite période de gel est arrivée début avril avec des températures de -2°C/-3°C. Heureusement, l’atmosphère étant très sèche, nous n’avons pas eu besoin de mettre en route les systèmes de protection et il n’y a pas eu de dégâts.

La pousse toujours rapide, est restée très régulière pendant toute la saison. A chaque fois, les précipitations sont arrivées au bon moment, suivies ensuite de périodes de beau temps. Et les maladies habituelles (mildiou, oïdium) sont restées silencieuses. Bref la saison parfaite !

Fin juillet malheureusement, deux journées très chaudes à plus de 40°C ont occasionné d’importants dégâts de grillure à Chablis. D’un point de vue quantitatif, nous sommes donc passés d’une bonne (voire très bonne) récolte à une récolte moyenne.

Les jeunes vignes ont particulièrement souffert de la sécheresse et de la grillure tandis que les vieilles vignes, mieux enracinées, se sont très bien comportées.

A Rully, les Chardonnay ont plutôt bien résisté alors que les Pinot ont beaucoup souffert de la sécheresse avec un phénomène de flétrissement des baies.

Comme prévu compte tenu de la date de floraison et du déroulement de la saison, nous avons connu des vendanges incroyablement précoces à Rully où nous avons démarré le 24 août et fini le 28. A Chablis, les vendanges se sont déroulées du 1er au 8 septembre. On note un décalage plus important que d’habitude entre les 2 secteurs. A Chablis en effet, les pluies de la 3ème semaine d’août ont permis de rééquilibrer les choses et d’attendre un peu plus.

Comme en 2019, les fermentations se sont enclenchées très rapidement et se sont déroulées sans problème.

Qualitativement, le millésime 2020 a une signature très proche de 2019, un excellent équilibre acidité/alcool, une très belle texture, de la structure et certainement un très beau potentiel de garde.
Sur les rouges, l’excellente maturité du raisin donne une concentration un peu supérieure à la normale tout en restant sur un bon équilibre.

Millésime 2019 Une saison assez calme et un millésime structuré

Après un hiver peu rigoureux et peu pluvieux, les bourgeons ont commencé à grossir dès le début du mois d’avril. Et, comme souvent dans ces cas-là, nous avons subi les premiers épisodes de gel le 5 avril à Rully puis sur les nuits du 12 au 15 avril à Chablis. Les dégâts ont été modérés, essentiellement localisés en bas de coteaux ce qui est caractéristique des gelées printanières.

Par la suite, la vigne a poussé de façon constante et régulière. Des précipitations juste avant fleur et des températures clémentes ont permis une belle floraison avec très peu de coulure. La pleine fleur se situait mi-juin ce qui plaçait cette année très légèrement en avance par rapport à la moyenne.

Pendant toute la saison, le temps est resté très sec. Mais nos vignes n’ont pas souffert. En effet, grâce au labour, les racines trouvent les ressources nécessaires en profondeur.

Fin juillet, les températures ont atteint 40°C pendant une semaine ce qui a pu occasionner de la grillure sur la face exposée au soleil couchant. Sur les parcelles concernées (heureusement pas la majorité), la perte se situait aux alentours de 20%.

Grâce à ce climat chaud et sec, nous avons très peu traité et l’état sanitaire était exceptionnel. Ceci nous a permis d’attendre sereinement la parfaite maturité pour récolter.

Les vendanges ont débuté le 11 septembre à Rully et le 13 à Chablis.

Nous avons observé une homogénéité plus importante de la maturité sur nos différentes parcelles ; le décalage entre les plus précoces et les plus tardives étant moins important que d’habitude. La récolte s’est donc déroulée rapidement avec un tri minimaliste lié à l’état sanitaire parfait. En termes de rendement, nous sommes sur des volumes moyens (pertes liées au gel, au rendement en jus assez bas et à la grillure).

Les moûts se débourbaient parfaitement bien grâce à la maturité, juste à point mais sans excès. Les fermentations alcooliques, toujours en levures naturelles, ont démarré assez vite et se sont déroulées de façon régulière. Et les malo se sont enclenchées facilement.

Au final, les 2019 sont dotés d’une très belle structure, ils ont l’ossature des 2017 et la gourmandise des 2018. Mais ils demandent plus d’élevage et de temps que les 2018.
Les blancs se caractérisent par leur puissance et leur structure, assorties d’une belle minéralité en fin de bouche pour les Chablis, et de notes de fruits mûrs très plaisantes pour les Rully.
Les rouges présentent une belle concentration avec de jolis arômes de fruits rouges très typiques du pinot noir.

Millésime 2018 Le millésime inattendu mais tant espéré

Nous avons connu un hiver relativement froid (en février notamment) mais surtout extrêmement pluvieux. De nombreuses sources qui ne coulaient plus depuis des années ont refait surface.

Le débourrement est observé en avril de façon assez tardive et nous passons au travers des quelques gelées enregistrées ce même mois. La météo clémente permet ensuite à la vigne de rattraper son retard, le cycle végétatif accélère beaucoup et les premières feuilles vertes sont visibles fin avril.

En mai, le temps reste beau et la pousse très régulière. Nous attaquons les premiers relevages fin mai et nous observons les premières fleurs début juin ce qui est très en avance.
Sur la première quinzaine de juin, la situation se tend un peu avec un temps humide très favorable au mildiou.
Heureusement, le beau temps revient et ne nous quittera plus jusqu’aux vendanges et même au-delà. Quelques épisodes orageux avec de violentes pluies sont venus ponctuer l’été à plusieurs reprises mais à chaque fois ils étaient immédiatement suivis d’un temps chaud, sec et venteux permettant de sécher la végétation très rapidement. L’état sanitaire a donc été parfait, ce qui est exceptionnel dans nos vignobles septentrionaux.

A veille des vendanges, notre inquiétude venait surtout du rendement en jus que nous pensions tous faible du fait du temps très sec. Et au final cette récolte 2018 a été magnifique à tous points de vue : une qualité exceptionnelle avec un état sanitaire parfait et donc un tri très minimaliste et une quantité inespérée, avec de bons rendements mais qui restent tout à fait raisonnables et dans notre optique de recherche qualitative.

Nous avons commencé à vendanger le 3 septembre à Rully et le 5 septembre à Chablis pour une durée de respectivement 1 semaine et 10 jours. Le 15 septembre, tout était rentré avec une maturité optimale et toujours de belles acidités.

Les fermentations alcooliques en levures naturelles se sont enclenchées très rapidement et de façon tumultueuse mais elles ont duré très longtemps, certaines ne se terminant qu’au début 2019.
Les blancs sont très gourmands avec un profil assez rond et une finale qui s’est affinée et tendue en cours d’élevage. Les rouges montrent de belles couleurs et de jolies notes fruitées. Les vins se goûtent déjà très bien dans leur jeunesse.

Millésime 2017 Un millésime qualitatif mais des quantités très variables entre blancs et rouges

Le mois de janvier 2017 a été assez frais avec des températures négatives qui ont sans doute contribué à assainir les sols après une pression de maladies inédite en 2016.
La taille était finie assez tôt ce qui nous a permis d’effectuer les labours début mars dans de très bonnes conditions pour bien préparer les sols.

Fin mars, les températures sont montées jusqu’à 20°C ce qui a induit un débourrement précoce et rapide et début avril, les premières feuilles étaient déjà visibles.
A partir du 18 avril, le temps a changé avec des nuits très froides, les températures descendant jusqu’à -4/-5°C dans certains secteurs. Au total, nous avons connu 8 nuits de gel sur le chablisien qui ont provoqué de très gros dégâts malgré toutes les protections mises en œuvre (aspersion, bougies, paille). L’aspersion a fonctionné pendant les 8 nuits. Nous avons allumé les bougies puis la paille pendant 3 nuits sur la première semaine et pendant 2 nuits en deuxième semaine.

Courant mai, les parcelles non gelées ont poursuivi leur cycle végétatif alors que les autres ont mis un mois à redémarrer. Ceci a induit un gros décalage pour les travaux des vignes.
La floraison a commencé tout début juin ce qui est très précoce. Après la floraison, nous avons constaté que les vignes qui ne semblaient pas gelées avaient tout de même souffert et que la coulure était assez importante.

Nous avons eu une pression de maladies bien moins importante qu’en 2016 grâce notamment à un mois de juin très beau, voire même très chaud sur certaines journées. Ces pics de chaleur à plus de 35°C se sont reproduits plusieurs fois pendant l’été entraînant quelques dégâts de grillure sur chardonnay.

Les vendanges qui s’annonçaient particulièrement précoces compte tenu de la date de floraison ont finalement reculé de quelques jours du fait d’un temps assez nuageux en juillet et en août. Initialement prévues tout début septembre, nous avons finalement démarré les vendanges le 4 septembre à Rully et le 11 septembre à Chablis soit avec un écart plus important que d’habitude.
Les quelques jours très chauds de la fin août ont été positifs pour la maturité mais ont beaucoup asséché le raisin (sur le chardonnay) avec pour conséquence un rendement en jus historiquement faible. Ainsi, sur les Chablis et sur les Rully blancs non touchés par le gel, il y avait plus de raisin qu’en 2016 mais la récolte n’a pas été supérieure en quantité du fait du déficit en jus.
Sur les rouges, il n’y a pas eu d’incidence négative sur la quantité car le Pinot noir est moins sensible à la chaleur. L’état sanitaire était parfait avec quasiment aucun tri à faire.

Au final, pour les Chablis, 2017 est un millésime bien typé avec une belle structure.
Sur les Rully blancs on trouve beaucoup de concentration et de matière.
Pour les Rully rouge, c’est une très belle récolte, à la fois qualitative et quantitative.

Millésime 2016 Une saison éprouvante mais un millésime résussi

L'hiver a été particulièrement doux, sans neige ni gel. Douceur et temps sec en décembre tandis que la pluie est tombée en abondance sur janvier et février.

En mars, nous avons profité d'une belle période sèche. Les températures plus fraîches ont évité que la vigne n'évolue trop tôt.
Cette météo nous a permis de réaliser les premiers labours dans d'excellentes conditions.
Malheureusement, l'hiver n'avait pas dit son dernier mot. Dans la nuit du 26 au 27 avril, les températures sont descendues jusqu'à -2°C avec une très forte humidité. Les dégâts étaient visibles dès le lendemain à Chablis comme à Rully. La particularité de cette gelée est qu’elle a frappé de façon très étendue tant en zones gélives qu’en zones habituellement préservées.

Puis les éléments défavorables se sont succédés jusqu’à la fin de la saison. La grêle a ainsi impacté le chablisien très durement et à deux reprises le 13 et le 27 mai.

Dans le même temps, la pluie est tombée de façon incessante pendant tout le printemps entraînant une très mauvaise floraison et une pression de mildiou inédite. Début juin, après des semaines très humides et une pression mildiou au plus fort, nous étions quasiment à deux traitements cuivre/soufre par semaine sans résultat. Compte tenu des pertes déjà subies par le gel, il nous est apparu inconcevable de ne pas prendre toutes les mesures possibles pour contenir le mildiou. Nous avons donc positionné plusieurs traitements conventionnels pour limiter l’évolution du champignon. De ce fait, nous perdons la certification à partir du millésime 2016 pour repartir sur 3 ans de conversion. Ce fut une décision très difficile à prendre mais nécessaire à notre sens pour préserver un minimum de récolte.
En août,  la sécheresse et la chaleur tant attendues sont arrivées mais de façon brutale et intense ce qui a provoqué de la grillure et des symptômes de déshydratation,...

Chacun de ces évènements climatiques a entraîné une perte plus ou moins importante selon les secteurs. Nous étions donc préparés à rentrer une récolte historiquement basse et c’est malheureusement ce qui s’est produit, et même pire que nos prévisions.
En ce qui nous concerne, la perte de récolte est de l’ordre de 70%. Elle  se situe vers 50% en moyenne sur le chablisien.

A Rully, la saison a suivi les mêmes épisodes climatiques mis à part la grêle. Les volumes sont légèrement déficitaires sur les rouges (de l’ordre de 30%) et réduits de moitié sur les blancs.

Il reste tout de même un point positif (et non des moindres): la bonne qualité de ce millésime 2016 qui allie maturité, tension et équilibre sur les blancs. Et sur les rouges, des tanins soyeux et une belle profondeur.

Millésime 2015 Un millésime en or

L'hiver 2014/2015 a été assez clément (trop même) exception faite de quelques jours de gel au mois de janvier.
Le débourrement est intervenu fin mars/début avril ce qui situe l'année dans la moyenne. Tout au long du printemps, les températures clémentes ont permis une pousse régulière. La floraison s'est déroulée début juin dans d'excellentes conditions.
Enfin, grâce aux très faibles précipitations, la pression des maladies est restée limitée.
Les mois de juin et juillet ont été très secs. Puis en août, des averses sont intervenues juste avant véraison ce qui a bien débloqué l'évolution du raisin.
Nous avons donc enfin vécu en 2015 une saison facile.

Malheureusement, tout début septembre, un très gros orage est tombé sur Chablis avec plus de 100 mm de précipitations en quelques heures et de la grêle.
Heureusement, nos parcelles ont été très peu impactées par la grêle. Mais cet orage a considérablement accéléré la maturité et nous a obligé à avancer la date de vendange.
Nous avons donc commencé à vendanger le 4 septembre à Chablis comme à Rully.
Dès les premières pressées, les moûts ont montré une belle concentration et des arômes de fruits.
En ayant vendangé suffisamment tôt, nous avons pu préserver le parfait équilibre des jus.
Les fermentations alcooliques ont démarré très vite mais se sont prolongées sur une longue période. C'est un point positif car celà constitue un batonnage doux et naturel.
Début décembre, sur certaines cuvées, les sucres n'étaient toujours pas finis. Les fermentations malolactiques se sont enclenchées naturellement tout de suite
après la fin des sucres soit début janvier. Après malo, les vins ont retrouvé un très beau dynamisme et celà même si la teneur des vins en acide malique était faible.
En résumé, 2015 est un millésime très gourmand tout en gardant une belle fraîcheur et doté d'une jolie complexité arômatique.